« Dès mon arrivée, j'ai été frappée par l'atmosphère très bucolique du refuge, moins minérale que les refuges auxquels je suis habituée. J'ai commencé par me promener le long du torrent de la Séveraisse en rêvassant, et très rapidement une idée m'a traversée l'esprit. J'ai imaginé l'histoire d'une randonneuse dont on aurait perdu la trace. Cette randonneuse s'appelle Marguerite (en hommage aux nombreuses marguerites autour du refuge); elle passe par Xavier-Blanc pour grimper plus haut et demander une saisonnière en mariage. Seulement voilà, elle disparaît, et seuls ses habits dispersés témoignent de son passage.
Partant de là, j'ai beaucoup observé les alentours avant de faire des images. Je m'interrogeais sur le trajet de Marguerite, et où est-ce qu'elle aurait pu abandonner ses vêtements un à un.
Ingrid la gardienne m'a montré un sommet juste au-dessus de nos têtes où l'on peut discerner un visage féminin dans la formation rocheuse. Elle semble déposée là, à prendre le soleil. J'ai trouvé ça fou, surtout après avoir moi-même imaginé cette randonneuse qui s'abandonne à la montagne. J'ai affiné mon récit chaque jour, en prenant chaque habit en photo à des endroits surprenants, en remontant jusqu'au refuge de Vallonpierre. Puis, j'ai réalisé des autoportraits près du torrent. Je dirais que l'eau, très présente, a beaucoup influencé mon projet. L'omniprésence de l'eau, le fait de s'y baigner tous les jours, dans ce décor de conte, m'a emmenée dans des contrées plus oniriques que prévue, plus sensuelles aussi. »
Tous droits réservés © Romy Alizée et l'envers des pentes 2025