En opérant par expérimentation, par transformation ou hybridation de matières trouvées dans un endroit, je cherche à élaborer un placement et une pratique de la relation entre un espace, un matériau, son histoire et son inscription.
Éloignée d’un millier de kilomètres de ce refuge de Taillefer, je m’imagine les résineux et les lignes qu’ils dessinent sur les flancs des montagnes comme deux mondes à l’horizon, au-dessus et
en dessous.
Je m’imagine faire des broderies de leurs épines collectées lors de l’ascension vers le refuge. Épine par épine, comme un pas après l’autre, comme le fil d’une semaine, celui des sentiers. Elles pourraient dessiner le vent, ses flux, ses entrelacs et les masses minérales, comme l’image du brouhaha émanant plus en dessous, du souffle qui enfle leurs branches.
Autour de cette question, formulée comme guide pour cette résidence : qu’est-ce qui fait refuge ? Je me figure l’arbre comme repère, homologue le plus proche dans le chaos minéral, comme abri dans la plaine.
Arbre à palabres est le nom donné à un arbre sous lequel les gens d’un village se rassemblent pour s’exprimer et discuter.»