« Quand je suis aide-gardienne, les moments que je préfère sont tôt le matin, quand certains partent à la fron- tale. J’ai l’impression que le refuge est en veille. Dans un petit espace de cette large montagne, des dizaines de corps chauds, vont bientôt bouger, se déplacer, parler fort et monter plus haut. J’ai une sensation de frémisse- ment accentuée par le changement marquant du rythme de travail. On prépare le café au bruit de la gazinière, quelques minutes plus tard les lumières s’allument, le service commence et bientôt, de ce bâtiment sur mesure pour les humaines, des marcheuses vont se disséminer dans un paysage à l’échelle trompeuse. Le refuge est un contenant de repos. En y entrant, nous pouvons y retrouver des repères confortables dans un milieu d’impré- vus. A l’Olan, je me tourne vers des contrastes : le petit lieu calibré, frémissant et parfois bouillonnant au mi- lieu de cet espace plus grand au rythme plus lent. Je suis une observatrice mouvante avec un angle d’approche mais pas de plan ficelé. J’ai beaucoup fait la vaisselle, beaucoup cuisiné en refuge mais je n’ai jamais fait de l’art là-haut.
Une fois au refuge j’ai passé du temps en cuisine, mangé de la tartes et aidé pour la vaisselle. Ce sont les outils de la cuisine que j’aime, beaucoup sont suspendu par des crochets ou des clous. Les torchons sur un fil et les tablier à la patère. Du métal riveté, de l’alu, de l’inox, des céramiques, du verre épais. Par la fenêtre je regarde les aller retour des promeneuses et des grimpeuses : la route, le village, le refuge, la montagne, et on redes- cend. J’ai envie de fabriquer des objets qui feront aussi le trajet. Ce seront des cadeaux pour la cuisine et pour l’équipe qui monterons à la saison prochaine. Au refuge on fait beaucoup de choses, mais surtout : on nourri et on repose. »
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