« J’ai cherché le trou de la montagne ou se cache le ciel des larmes. Une fois au refuge, difficile de replonger dans la poésie après une cure d’aliénation dans ce monde étrange, je sais plus écrire. Il y avait comme un caillou dans ma chaussure, jusqu'à ce qu'Orane, randonneuse que j'ai aidé à recoller ses semelles fatiguées, me remette subtilement sur le paysage sans chemin en me conseillant de pas forcer. Puis Dominique est venu à ma rencontre avec sa sensibilité et sa caméra, et nous avons fait une boucle ensemble en passant par le lac de Prelles qu'il voulait voir depuis longtemps. Les dé/synchronisation de nos pas et puis le silence ont résonné dans notre sourire commun. Quelques mots se sont perdus dans les nuages, entre les cailloux, d'autres ont trouvé leur chemin dans le poème où dorment les mouches allongées. J'ai ramené avec moi et laissé là-bas le violet des myrtilles, le trou de la montagne, les monstres qui boivent sur le lit sec de l'eau des larmes de la montagne, l'eccho des cloches des brebis et et l'éclat du rire de Jéjé. Et pendant ce temps, le paillasson a vu se mélanger une orgie de poussière, le vent a soufflé son anniversaire dans les fanions de mouchoirs sur la corde à linge. Un osselet de bouquetin s’est posé dans dans la main de Sylvie qui m’a déposée sur la route. J’ai traversé la roche pour une étoile filante qui m'a amenée en haut de sa cascade, sous la paupière glacée de l'eau, traversé le village de corps et la peau de la montagne où poussent les fleurs à l'envers et les fêlures du vide dans les larmes. On a cuisiné et lavé la vaisselle et mangé, je me suis réveillée 6 matins dans un refuge et un matin dans une tente, c'était super. E òc! Et puis, la manif du 10 septembre m'a raccompagnée sous la statue devant la gare, un carton « Grenoble » avec un sourire dans le o en guise de revendication »
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